Les effets de l’activité physique chez les personnes âgées

Publié le 1 décembre 2020, dans la catégorie Non classé

 

Saviez-vous que les personnes âgées sont le groupe de la population québécoise le plus à risque de subir les conséquences de la sédentarité en lien avec le confinement de la pandémie à COVID-19 ?

La pandémie de COVID-19 et les restrictions sanitaires ont causé une diminution de stimulation, tant cognitive que physique et affective, chez les personnes âgées. Jumelée à une diminution attendue de la capacité d’adaptation reliée au vieillissement, cette diminution de stimulation augmente le risque de dépressions, de dérèglement des maladies chroniques comme le diabète ou l’hypertension artérielle, de douleurs chroniques, voire même de cancer. Le tout, en plus des conséquences usuelles attendues, pourrait grandement réduire l’autonomie de nos aînés et ainsi précipiter un syndrome de fragilité. 

Concept bien connu des professionnels de la santé, la fragilité est un état d’instabilité avec risque de perte fonctionnelle ou d’accélération de la perte fonctionnelle existante, et donc d’entraîner un vieillissement plus rapide qu’attendu. Il est donc important pour les proches aidant d’être alerte à détecter un tel état puisqu’une personne âgée avec un syndrome de fragilité est 3,6 fois plus à risque de chute que la population non fragile.(1) Ce phénomène augmentant également le risque de fracture ostéoporotique de manière significative. En effet, chez les personnes âgées, 40 à 50% des femmes et 13 à 22% des hommes subiront au moins une fracture.(2) Ajoutée au syndrome de fragilité, la sédentarité chez les personnes âgées peut, entre autres, mener au déconditionnement, voire au syndrome d’immobilisation dont les conséquences peuvent être multisystémiques et dévastatrices : 

  • contracture, ankylose, amyotrophie, ostéopénie, plaie de pression, sarcopénie;
  • diminution de la réserve cardiaque, hypotension orthostatique;
  • insuffisance veineuse, formation de thrombus, embolie pulmonaire;
  • diminution du mouvement respiratoire, accumulation de sécrétions, atélectasie, pneumonie;
  • ralentissement du métabolisme basal, bilan azoté négatif, déshydratation, anorexie, constipation, fécalome, rétention vésicale, infection urinaire;
  • privation sensorielle, désorientation, anxiété, trouble de l’humeur, dépression.(3)

Ces conséquences, en plus du risque d’exacerbation des troubles cognitifs, risquent grandement d’augmenter la pression mise sur les épaules des proches aidants déjà fragilisés et, ultimement, sur le système de santé.

Contrairement aux croyances véhiculées, le confinement n’est pas synonyme de rester enfermé à la maison, mais bien d’éviter les contacts rapprochés avec des gens hors de notre bulle-famille. Ainsi, de nombreuses activités sont possibles, comme la marche dans les parcs et espaces verts de votre municipalité, la location de vélo ou de ski de fond selon la météo, l’accès aux bains libres et piscines publiques et les clubs de marche.(4) Alors que plusieurs outils tels les bâtons de marche peuvent améliorer la sécurité de vos déplacements, l’utilisation d’écouteurs permettant d’appeler un ami ou un proche et de prévoir des séances d’exercice en simultané peut augmenter votre niveau de motivation. Pour ceux préférant les activités à l’intérieur, de plus en plus d’organismes communautaires offrent des séances d’entraînement via des plateformes en ligne. L’écoute de musique peut aussi vous  motiver à danser dans votre logement, seul ou avec l’être cher. Enfin, pour les personnes âgées confinées dans leurs résidences ou moins mobiles, n’hésitez pas à sortir faire quelques pas au corridor tout en prenant des pauses régulièrement. Il vous est aussi possible de gagner un peu d’assurance et d’équilibre en vous inscrivant au programme P.I.E.D. de votre CLSC.(5)

Dans ce contexte, l’Association québécoise de médecine du sport et de l’exercice (AQMSE) propose de mettre l’activité physique en premier plan afin de limiter les effets négatifs du contexte sanitaire actuel sur la santé de nos aînés dans un but d’augmenter leur autonomie. Malgré la distanciation physique, de nombreuses solutions concrètes existent afin d’adapter nos séances d’activités physiques au quotidien. D’autres idées sont proposées dans l’article S’activer en mode COVID-19 sur le site Web de l’AQMSE qui s’adresse à tous les Québécois et Québécoises. Nous sommes convaincus qu’ensemble, nous retrouverons l’engouement pour l’activité physique en cette période de crise sanitaire, ce qui aura un réel effet positif sur notre santé physique et mentale.

 

1. Nowak, A; Hubbard, R. Falls and frailty: lessons from complex systems, Journal of the Royal Society of Medicine, 2009, 102(3): 98–102.
2. Li, G.; Thabane, L. et al., An overview of osteoporosis and frailty in the elderly, BMC Musculoskeletal Disorders, 2017, 18, 46.
3. Ministère de la santé et des Services sociaux du Québec, Institut Universitaire de Gériatrie de Montréal, Le syndrome d’immobilisation, 2012, https://www.cisss-at.gouv.qc.ca/partage/AAPA/Fiche_Syndrome-immobilisation.pdf 4. 
4. INSPQ https://www.inspq.qc.ca/publications/3043-utilisation-parcs-espaces-verts-covid19
5. https://www.phsd.ca/wp-content/uploads/2017/01/Stand_Up_Brochure_FR.pdf